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Une formule nouvelle Aucun portrait italien antérieur à celui de la Joconde ne montre le modèle aussi largement cadré, dans toute l'ampleur du mi-corps, intégrant bras et mains sans que l'un ou l'autre se heurte au cadre, campé à une échelle réelle de manière aussi naturelle dans cet espace structuré où il acquiert la plasticité d'une ronde-bosse. Vue jusqu'à la taille, la Joconde est assise dans une chaise dont l'accoudoir, soutenu par des balustres, supporte son bras gauche ; elle est disposée devant une loggia, suggérée par le parapet auquel elle est adossée et par deux fragments de colonnettes qui cantonnent son portrait et délimitent une "fenêtre" sur le paysage. La perfection de la formule élaborée explique sa descendance immédiate dans l'art du portrait florentin et lombard du début du XVIe siècle : disposition de trois quarts sur un fond de paysage, encadrement architectural, mains réunies au premier plan se trouvaient déjà mis en oeuvre dans le portrait flamand de la seconde moitié du XVe siècle, surtout par Memling, mais sans cette cohérence spatiale, ni cet illusionnisme atmosphérique, sans cette monumentalité, ni cet équilibre. Cela vaut d'ailleurs pour Léonard dont aucun des portraits antérieurs n'a cette majesté contrôlée.
Extrait de www.louvre.fr |
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Un sourire emblématique Le sourire du modèle est son "attribut" : le sourire est à Lisa del Giocondo ce que les branches de genévrier sont à Ginevra Benci (Washington) et l'hermine à Cecilia Gallerani (Cracovie), une transcription de l'idée de bonheur contenue dans le mot "gioconda". Léonard en a fait le motif essentiel de son portrait et c'est la raison de la dimension idéale de cette oeuvre. Le caractère du paysage y contribue aussi : le niveau médian, qui coïncide avec le buste, de tonalité chaude, habité par l'homme, puisqu'on y reconnaît une route serpentante et un pont, assure la transition entre l'espace du modèle et un arrière-plan où le paysage se transforme en vision d'une nature vierge, strictement minérale et aquatique, se perdant vers un horizon que le peintre a judicieusement fait correspondre à la ligne du regard. |
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