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Avec le temps, les enfants grandissent et on ne fait presque plus attention à tous les changements
qui s'opèrent en eux : pourtant, à tout juste trois ans, on a encore un paquet de premières fois à vivre... et pour Irène, le 2 septembre marquait sa première rentrée scolaire : un
évènement !
Après plusieurs jours de mise en condition, elle semblait prête à abandonner la crèche pour changer d'atmosphère, fréquenter des grands, apprendre de nouvelles choses, se frotter à des
nouvelles règles, acquérir un nouveau rythme de vie, etc. etc.
Pour ce qui est de quitter la crèche, à mon avis, ça n'a pas été de tout coeur. Parce qu'elle adorait cet endroit, elle adorait les gentilles puéricultrices, faisait sa chef en tant que
grande, surveillait son petit frère, pouvait se faire aider pour manger, était en sécurité avec des jouets simples et pas dangereux. Mais d'un autre côté, "l'école c'est bien
aussi", comme elle dit. Alors ça va !
Le jour J, heure H-30 minutes : maman décide de poser d'abord Joaquim à la crèche pour pourvoir ensuite se dédier
pleinement à Irène. C'était pourtant risqué de repasser à la crèche avec elle : et si elle ne voulait pas en repartir ??? Mais c'était sans compter sur la curiosité
d'Irène qui n'avait qu'une hâte, découvrir ! "Moi maman je suis toute esquitée aujourd'hui", comprenez "excitée". Elle arrêtait pas de jacasser, de répéter
"là maman on va à la crèche mais c'est pas pour moi, hein ? c'est que pour Joaquim, hein ? après tu m'amènes à l'école et puis tu vas travailler, hein ?"..."t'es
contente d'aller à l'école, Irène?" "oui maman, moi je suis toute esquitée".
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Arrivée à l'école, Irène a paru d'un seul coup nettement moins "esquitée" !
Elle est lentement sortie de la voiture et regardait partout en baissant la tête. Il y avait beaucoup de monde, ce qui renforçait l'effet intimidant. Elle a
posé ses petites affaires dans l'espace réservé à son nom. Elle ne quittait pas les jupes de maman.
Puis il a fallu rentrer dans la classe. La maîtresse s'est brièvement présentée à chacun d'eux. Ainsi que son assistante. Irène a tout de même sorti un faible "bonjour". Mieux
que rien et inespéré quand on connait l'attitude d'Irène, pas toujours très avenante !
Afin de rendre la séparation plus facile, maman a proposé à Irène de s'asseoir à une table où de la pâte à modeler était étalée semblant dire "viens petit enfant, assieds-toi et
joue avec moi" ! Irène s'est exécutée et, inconsciemment, a compris qu'il était l'heure, que maintenant maman devait aller travailler et qu'elle allait rester seule.
D'une voix toute douce elle lui a dit "tu vas travailler maman ?"... mais ça semblait plutôt vouloir dire "t'es sûre qu'il faut que je reste toute seule ici
?" Alors maman lui a fait un gros calin et est partie... Irène a tenu bon, en se mettant à jouer à la pâte à modeler. Pas de larmes aucune et une fausse désinvolture mais là,peur
de déclencher les larmes tant redoutée (parce que oui, la maman stressait à fond de crainte de voir sa petite fille chérie se transformer en fontaine). A côté d'elle, il y avait de
tout : des gros chagrins, des plus petits, quelques enfants contents de se retrouver et qui jouaient déjà ensemble.
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Le soir, c'est papa qui est allé la chercher. Manque de chance, un énorme camion plein d'animaux de cirque a rallongé
son temps de trajet de presque le double si bien qu'Irène était la dernière, seule avec l'assistante qui devait se dire "commencent bien ceux-là !".
En parents curieux, nous avons posé 10 000 questions à Irène. Quelquefois plusieurs à la fois. Dans la tête d'Irène ça a dû faire "bon, alors non seulement à l'école on me demande
de réfléchir mais ça continue aussi à la maison... j'étais mieux à la crèche moi"... oui, enfin, c'est que la petite section, n'en rajoutons pas !
Contrairement à la crèche, on ne sort pas de l'école avec un cahier détaillant heure par heure les activités de l'enfant : il faut donc s'en remettre au témoignage d'Irène... or, quand
on sait qu'à la question "Qu'as-tu fait de beau à la crèche aujourd'hui ?" Irène répond dans 99.9% des cas "Rien", on craignait de rester un peu sur notre
faim pour enfin savoir comment s'était passée cette première journée !
On a quand même pu recueillir les informations suivantes, qu'on vous livre en exclusivité :
- de son propre aveux, Irène a quand même "un peu pleuré" après coup parce qu'elle n'avait pas "bien dit au-revoir à maman" ;
- elle a "joué avec la pâte à modeler" ;
- elle a voulu faire de la peinture mais "y'avait plus de place à la table alors j'ai fait autre chose"
- elle a mangé "des frites et puis des frites et puis des frites"... "et quoi d'autre?"..."rien !"
- elle a fait une petite sieste et y'avait Léo qui dormait en face d'elle... "Léo? c'est qui celui-là, ils font quoi ses parents ????"
- et puis c'est tout !
Résignés, on n'en saura pas plus. Sa langue se délira dans les jours qui viennent.
On laisse la conclusion à Irène :
"Quand même à l'école j'ai rien appris et j'ai fait que jouer !"
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